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14 septembre 2022

Les ténèbres


 Comment une Domina peut/risque de devenir


Une des erreurs que j’ai commise en débutant dans le BDSM a été de penser que les hommes « soumis » valaient mieux que les hommes « vanille ».

Assumer qu’ils aiment se soumettre à une femme, il fallait forcément que ces hommes aient compris plus de choses que leurs congénères sur le respect à l’égard des femmes et puis, vu la société actuelle et la pression sociale sur les hommes, je me disais qu’ils étaient bien courageux aussi.
J’ai très vite compris que je me trompais lourdement.

En fait, force est de constater que la plupart (au moins 95%) des hommes qui affichent un profil « soumis » (sans compter ceux qui osent le « slave ») ne sont pas mieux que les autres et je dirai même, dans un sens, pires, car loin de se soumettre ils n’attendent en fait qu’une chose : que la femme satisfasse leurs désirs à eux. Pour eux, la soumission n’est que le prolongement de leur sexualité et n’a pas grand-chose à voir avec le fait de s’offrir corps et âme à une autre personne.

Plus le temps passe et plus je me rends compte que notre petit monde n’échappe pas à la tendance de la société actuelle :

  • individualisme, « moi je », « mes envies », « je veux »;

  • « jetabilité » des personnes,

    • peu importe le flacon pourvu qu’il y ait l’ivresse ;

    • l’intérêt ne se porte que pour le temps où on espère obtenir / reçoit ce que le veut, mais sorti de cet intérêt spécifique il n’y a rien, pas de substance dans les relations, pas de fond et parfois même, même pas la forme la plus élémentaire de considération humaine ; et lorsque l’intérêt/ le bénéfice cesse, il ne reste même plus d’humain ;

  • manque d’implications émotionnelle, on donne son corps pour recevoir le fouet mais l’esprit, reste remplié sur son petit ego à lui ;

  • on exige le respect pour soi, mais on est incapable de comprendre que non seulement ce respect se gagne ou tout au moins n’est pas chose acquise mais qu’en plus on ne reçoit pas de respect si soi-même on n’est pas capable de respecter l’autre ;et que le respect c’est bien plus que de dire « Madame » ;

  • on exige que l’autre sache inspirer la confiance, mais on ne sait pas soi-même être digne de confiance ;

  • on exige d’être accepté pour ce que l’on est, mais on est incapable d’accepter l’autre, différent, pour ce qu’il est;

  • etc.



En fait pour une fois, ce n’est même pas un coup de gueule, juste un constat, juste la réalité « désenchantée » , le côté obscur de ce « milieu ».

J’espérais trouver des relations humaines, je n’ai trouvé pratiquement que des recherches de prestations gratuites (plus ou moins avouées, plus ou moins assumées). Pour la majorité, l’autre n’est rien d’autre qu’un moyen d’obtenir.
Même dans le milieu des cordes, ce n’est pas forcément mieux, on attend du cordeur qu’il respecte et qu’il corde (très bien si possible et aussi qu’il fasse de belles photos pour pouvoir flatter son petit plaisir narcissique en se revoyant attaché) mais on ne donne rien, aucune implication émotionnelle et là aussi peut importe le flacon… et quand on a plus « besoin » de vous, vous n’existez même plus en tant que personne.


Alors, puisque l’humain n’est finalement pas recherché, pas souhaité, tout simplement ignoré et que le « consumérisme » est la norme, puisque l’égoïsme et le nombrilisme sont rois, pourquoi devrais-je continuer à donner de la valeur à l’autre, chercher à le connaître, à créer un feeling, une véritable relation humaine de complicité.

Puisque 95% des « ânes » n’ont pas soif, je ne proposerai plus à boire.

Puisque les « ânes » ne veulent que des coups de bâtons, puisque tout ce qui intéresse ce n’est pas la lumière mais les ténèbres alors…

Pourquoi ne pas faire un virage à 180° ? Pourquoi ne pas explorer mon côté obscur ? Pourquoi ne pas me laisser glisser dans les ténèbres ?



« Tu es un homme cis entre 30 et 60 ans, physiquement présentable et tu as envie de ramper aux pieds d’une Maîtresse alors voici ce qui t’attend si je daigne te prendre à mon service : larbinage, humiliations, douleurs.

Tu devras être utile aux moindres de mes plaisirs, les tiens n’ont aucune importance pour moi ;

Tu ne seras rien d’autre qu’un chien même pas digne de baiser la semelle de mes chaussures (sauf pour les nettoyer avec ta langue) ;

Tu seras une chienne juste bonne à sucer et à être défoncée (si tu as su satisfaire mes caprices auparavant) ;

Je serai cruelle et tyrannique. Mon plaisir sera tes souffrances et tes larmes (et je ferai tout pour les obtenir) et tu m’en seras reconnaissant. »



Lady Agnès