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15 janvier 2017

Offrande (par Lady)



  Cette flagellation, J’en avais envie et il le savait. Je savais qu’il était prêt à Me l’offrir, à s’offrir ainsi à Moi.
  N’allez pas croire que J’aime flageller par pur plaisir sadique. Non, ce n’est pas cela. Ce que J’aime là-dedans, c’est ce que J’ai découvert la première fois que l’on M’a mis un martinet entre les mains, c’est cette montée chez celui qui reçoit. Le plaisir de s’offrir à la flagelleuse, les sens qui se brouillent, l’oubli de la douleur, le dépassement de soi et ce lâcher-prise qui est parfois atteint de manière si intense, cet afflux d’hormones qui inonde et emporte.
Oui, J’avais envie de lui apporter cela, envie d’être Celle qui le lui ferait vivre. Alors, pour lui qui n’est pas un adepte de la douleur, J’ai fabriqué un flogger en suédine. Il y aurait du poids mais aussi de la douceur.

  Et puis, le jour est venu.
  Lui ai-je dit de venir à Mes pieds ? Ai-Je juste fait un signe qui lui a donné le signal ? Je ne me souviens plus très bien des détails. Non pas que cela n’ait aucune importance pour Moi, non ce n’est pas cela, mais sans doute que certaines choses sont devenues si naturelles, si spontanées, sans calcul, que J’ordonne sans même y réfléchir. Le voilà, à genoux, torse nu, offert, à Mes bottes…
  L’emmener à la porte. Cette porte qu’un autre soumis a appelé « la porte du Paradis ». L’y attacher. Voir son visage ouvert presque lumineux. Je sais qu’il est prêt, il Me l’a dit, mais c’est bien sur son visage que Je le vois, que J’en ai la confirmation, aucune ombre, aucune inquiétude qui trouble son regard, pas un muscle crispé, il est dans la confiance absolue.
  De Ma main, Je ferme ses yeux. Je veux que ses sens soient concentrés sur le toucher. Je promène les lanières doucement sur son corps. Je veux qu’il se familiarise avec leur caresse. Sans un mot, Je lui dis :« Sens comme elles sont douces. Elles ne te blesseront pas. » Ma main le caresse aussi, Je veux qu’il sente que je suis là, que Je l’accompagne…
Puis, M’écarter de lui, voir son corps s’offrir, voir son sourire qui Me dit « oui, je suis prêt ». Rassembler les larges lanières dans Ma paume, qu’elles soient bien à plat, il en suffit d’une seule qui serait enroulée pour que la sensation ne soit pas la même, pas celle que Je veux. Et enfin, la première envolée de Mon bras, des lanières qui viennent lécher la peau.
  Son visage s’illumine un peu plus. Peut-être un peu de soulagement de sa part… peut-être se dit-il « ça va, ce n’est pas si terrible ».
Mais rapidement, cela devient plus que cela, Je crois lire une véritable joie, un bonheur presque. Celui de s’offrir à Moi, celui aussi de se sentir en totale sécurité entre Mes mains.
  Progressivement, Mon geste s’intensifie. Doucement, quelques lignes commencent à se dessiner. Le bord des lanières laissent quelques traces rouges. Passer Ma main sur la peau, pour apaiser le feu, donner un peu de douceur. Je n’ai jamais (même la toute première fois) conçue la flagellation autrement qu’une alternance entre sensations cuisantes et douceur de Ma main qui apaise.
  Je l’ai trouvé magnifique dans ce moment, sous Mes lanières, sous Ma main. Alors l’envie de caresser son visage, de passer Ma main sur sa joue, Mes doigts sur ses lèvres. Une façon aussi pour Moi de vérifier, sans un mot, comment il se sent. Et là, la bouche qui accueille Mon doigt, avec envie, avec avidité même. Je sais qu’il va bien, même très bien, puisque dans cette avidité il Me le dit.
Alors Je le détache pour le retourner.
  La flagellation de plus en plus intense, son corps qui se tend vers Moi, l’envie de se donner d’avantage à Moi, l’envie de recevoir encore de Ma main. Ma main tire sa tête en arrière, voir sur son visage comme il est bien, le repousser contre la porte et reprendre. Je veux l’entendre Me demander de continuer, Je l’exige et, même si ce n’est pas dans sa nature, cela aussi il Me le donne.

  Et, soudain, Je sens quelque chose de différent. Est-ce sa respiration affolée, désordonnée? À moins que ce ne soit un tremblement de son corps ? 
Je l’apaise doucement, quelques mots murmurés à son oreille pour l’aider à retrouver son souffle. Et dans sa voix, entendre « Merci, Lady ».


Lady Agnès


1 commentaire

  1. Mon Dieu, Madame
    Comme vos écrits peuvent être parlants. Non, je ne rêve pas d'être à sa place car cette relation, je le sens, était unique. Mais votre attitude à vous, Madame, est elle absolument délicieuse, si je peux me permettre. Attentive, douce et ferme, plaisir partagé entre vous et votre soumis, je me suis délecté de vous lire une fois de plus.
    Merci de ce partage Madame.
    Votre serviteur - Malcom

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